Je suis loin de dire que la situation de belle-mère est une situation formidable.

Néanmoins, depuis plus de 5 ans que j'en suis une, j'ai un peu d'entrainement et j'ai compris 2/3 trucs.

Alors je me dis que tout l'interêt d'un blog c'est de partager avec vous ce qui a marché pour moi (écoute moi bien jeune fille naive qui s'apprete à tomber dans les bras d'un multipares)...

Parce que belle mère, ca s'improvise pas trop, c'est pas un truc pour les mauviettes (et ca toutes les belles mères vous le diront, peut être même les beaux pères aussi...).

Moi, par exemple, j'avais hyper méga peur de la phrase qui tue, celle qui appuie bien là où ca fait mal, et qui renvoie direct à ma sous-condition de même-pas-mère : "t'es pas ma mère".

Cette phrase je l'ai appréhendée terriblement. Elle me faisait peur. j'en faisais des cauchemars...

Oui parce que dans les films, il y a toujours un enfant qui se prend pour un ado et qui dit droit dans les yeux à cette belle-mère égoiste reine des autoritaires autocentrées : "t'es pas ma mère". La belle-mère tombe alors, assomée par cette phrase contre laquelle elle ne trouve pas la réplique adaptée. Pan, dans ta gueule. Et ben, moi, j'avais peur de ca.

Jusqu'à ce qu'un jour, comme une illumination, la vérité m'apparaisse, simple et nue comme une évidence : JE NE SUIS PAS LEUR MERE.

Et oui, cette phrase tant crainte, c'était juste la vérité.

Ben oui. Cela a tout d'un coup signifié beaucoup de choses pour moi. Tiens par exemple, ca veut dire qu'elles n'ont rien à attendre de moi. Je suis une copine de leur père. Tout ce que je leur apporterai dans la vie : c'est que du plus. Cela veut dire aussi que je n'ai pas à assumer d'office une quantité importante de missions parentales : protester pour que les devoirs soient faits, les emmener chez le médecin, aller aux réunions parents-profs, leur dire de remercier leur parain/maraine/oncle pour les cadeaux...

Et bien croyez le ou non, cette révélation m'a fait un bien fou. Je me suis apaisée, je savais quoi répondre au "t'es pas ma mère" : "oui", et voire même les jours de grande tempête : "oui, et c'est tant mieux, parce que si tu avais été ma fille, j'aurais été bien pire...".