Alors voilà.

Cela fait un moment que l'envie de raconter mes déboires de jeune trentenaire devenue subitement à la belle mère de 3 filles me taraudait. Et puis je n'osais pas. Je ne me sentais pas légitime.

Il y a pour moi dans ces quelques mots toute la difficulté du statut de belle mère. Vous abandonnez votre vie de célibataire urbaine, vous apprenez à cuisiner, à planter des tomates et a emmener tout le monde à la médiathèque. Vous faites des exercices des maths et des leçons d'histoire, vous allez à la piscine les jours pluvieux d'hiver dans cette atmosphère surchaufée, moite et où les cris d'enfants le disputent à leurs éclaboussures. Vous achetez des couches au supermarché et des paquets de biscuits. Vous calmez les angoises du soir et ramassez du vomi pendant la nuit. Vous passez vos samedis dans un gymnase pour des matchs de basket ponctués par les cris stridents du chronomètre. Vous culpabilisez de dormir jusqu'à onze heures le dimanche (alors vous vous levez). Vous voyez les yeux d'un enfant qui brille parce qu'il a envie de savoir écrire "papa", vous faites des réveillons du jour de l'an en famille, vous etes devenue incollable sur les 1Direction et les playmobil. Vous leur faites découvrir, la cité de la peur, la vie est un long fleuve tranquille et la septième compagnie. Vous etes fière d'une bonne note, faites réviser l'allemand en voiture, la géo pendant le repas et le féminin des mots en épluchant des légumes. Vous partez en vacances pendant les vacances scolaires. Vous les réconfortez quand cela ne va pas, acceptez de remettre en questions vos principes, achetez des pijamas et des élastiques à cheveux "hello kitty",  faites des lits, des lessives et des calins par milliers.

Mais quoique vous fassiez. Vous ne vous sentez pas légitime. Vous etes une usurpatrice. Ce ne sont pas vos enfants.

Tout le monde vous le répète.

 

Bien sûr que je ne peux  pas comparer, mais, quelque part, ce sont mes enfants. 

 

Mais depuis quelque temps, je l'ai compris, je suis légitime. Tout simplement parce que c'est mon quotidien, et que je ne peux pas me sentir illégitime d'être ce que je suis.

Alors comme un mantra, j'ai décidé d'écrire, parce que je n'ai pas trouvé de parole qui réponde à mes angoisses.

Voilà, le pourquoi du comment...

(bonne lecture!)